Félix Tshisekedi rejette toutes discussions avec le M23

Le Président Félix Tshisekedi a rejeté jeudi à  Kinshasa, en République démocratique du Congo, toutes discussions avec le mouvement terroriste du M23, lors d’un briefing spécial auquel il a participé pour la première fois depuis son accession au pouvoir.

« Je rejette toutes discussions avec les terroristes du M23, une coquille vide,  mais plutôt avec le Rwanda, pays agresseur de la RDC », a déclaré Félix Tshisekedi.

 « Les discussions? Je les veux. Mais avec le Rwanda. Le Rwanda doit m’expliquer pourquoi ils s’acharnent à massacrer mes compatriotes et à piller nos ressources naturelles. Je ne veux pas négocier avec cette coquille vide qu’est le M23 », a tranché Félix Tshisekedi.

« Par rapport à la négociation, même en situation de conflit extrême, les contacts demeurent toujours. J’en ai pour preuve l’Ukraine et la Russie. Même si ce n’est pas direct c’est par des forces interposées que cela passe. Ce n’est pas du tout inhérent à la seule crise congolaise dans l’Est(…) La RDC rejette ces négociations. C’est que le Rwanda s’est caché derrière le M23. Je ne discute pas avec le M23. Les discussions, je les veux avec le Rwanda parce que c’est lui mon agresseur. »

Dans le même ordre d’idée, Félix Tshisekedi a reconnu n’avoir eu aucun  contact avec le M23 refusant catégoriquement de les recevoir.

Le Chef de l’État a également condamné, lors de son intervention, toute discrimination dans les communautés, tensions et divisions.

« Nous sommes un pays souverain, nous sommes capables de défendre nos concitoyens et en mesure de les sécuriser. Je suis le seul si pas le premier président de la RDC à avoir dit haut et fort en parlant des Banyamulenge, j’élargis même à tous les tutsi, sont nos compatriotes. J’en ai assez de ce discours qui consiste à discriminer ces populations et à donner ainsi l’occasion au régime barbare du Rwanda de nous envahir sous les fallacieux prétextes », a-t-il fustigé.

Abordant le volet diplomatique de son exposé, Félix Tshisekedi a montré de bons signes qui prouvent la bonne santé de la diplomatie congolaise. Un travail de longue haleine qui portent ses fruits.

« J’ai le plaisir de vous annoncer que la RDC,pour la première fois, de son histoire fera partie de la Commission paix et sécurité de l’Union africaine. Pour la première depuis très longtemps, nous allons pouvoir faire partie du Conseil de sécurité des Nations unies dans l’exercice 2026-2028. C’est aussi de l’acquis. La RDC est candidate aussi à la Commission des droits de l’homme des Nations unies de Genève. Le travail diplomatique continue.

Sur le plan sécuritaire, a-t-il fait savoir,  « nous avons eu beaucoup de discussions en bilatéral en multilatéral », lors du 37ème Sommet de l’union africaine à Addis-Abeba, précisant,  par ailleurs,  que  » la réunion convoquée par le président João Lourenço nous mettait aux prises avec nos adversaires, celle-là n’a pas donné de résultats. Je redis avec force la position qui était celle de la RDC, notre agresseur est toujours parti dans ses manipulations et mensonges habituels. Qu’à cela ne tienne, un autre rendez-vous a été propose par le président João Lourenço, celui de nous rencontrer séparément. Si tout va bien, le mardi 27 février prochain, je serai reçu à Luanda par le président angolais,médiateur désigné par l’UA dans cette crise injuste nous imposée par notre voisin. »

Le chef de l’État a loué les efforts de Washington, très actif au plan diplomatique pour essayer de juguler cette crise.

« Je les félicite et j’en profite pour demander à l’opinion de rester mobilisée et sereine et de ne pas s’en prendre aux edifices des pays qui font des efforts pour nous aider. Je ne crois pas que ça soit une très bonne idée de s’en prendre aux édifices des représentations diplomatiques des pays amis. Mais c’est légitime de faire des manifestations de colère », a-t-il insisté.

Le chef de l’État a, en outre, dénoncé l’accord entre l’UE et le Rwanda sur la création de la chaine de valeur pour les minerais stratégiques et critiques.

« Nous n’allons pas nous arrêter-là. Nous allons user de toutes les voies diplomatiques et judiciaires pour empêcher et faire annuler cet accord   qui a été signé. C’est un très mauvais début qui indique que l’UE est très mal engagée comme si elle nous faisait la guerre par procuration. Encouragement donné au voleur est très dangereux pour la paix dans la région », a-t-il noté.

S’agissant du cumul des fonctions et renégociation du contrat chinois, le chef de l’Etat a rassuré qu’il ne sera pas question de toucher deux émoluments. « Ceux qui restent au gouvernement se font remplacer  à l’Assemblée nationale par leurs suppléants pendant ce temps, jusqu’au moment où il y aura un nouveau gouvernement », a-t-il dit.

 Quant à la renégociation du contrat chinois et répondant à l’absorption des milliards disponibles, le Président de la République a dit : « nous avons examiné ce qui avait été fait avant nous. Nous avons constaté que c’était très mal fait et au désavantage de la République.

Secundo, de l’argent a été décaissé. Cet argent n’a rien fait mais ça a fait la richesse de certaines personnes qui aujourd’hui sont dans l’opposition pour certains pour déstabiliser la RDC. Nous avons revu les choses, nous les avons rééquilibrées dans un contexte gagnant-gagnant. Aujourd’hui nous sommes convaincus, ce qui va se passer sera profitable à la République. »

Félix Tshisekedi a manifesté la ferme volonté de marquer dans le livre de l’histoire de la RDC son nouveau mandat avec des actions de grande envergure.